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Actualités: 11 septembre 2008 : Le MEETING !

900 militants FO rassemblés à Rezé
(et moi, et moi, et moi)



Le succès a été au rendez-vous. Jean-Claude Mailly a rempli la Trocardière : nous étions plus de 900 !

Parvenir à mobiliser pas loin d'un millier de militant(e)s en une petite dizaine de jours après les vacances d'été prouve en tous cas que FO se porte bien dans le département, et que dans les syndicats et sections syndicales, l'heure est à la mobilisation.

Ce qu'en tout cas traduit cette mobilisation, c'est que responsables et militant(e)s de notre organisation ont bien perçu l'enjeu à venir :
  • D'un côté le tandem Thibault-Chérèque, qui organise la dislocation du mécontentement général dans des manifs sans lendemain,
  • De l'autre FO, qui, en donnant la perspective de la grève interprofessionnelle, ouvre la voie à la résistance et aux revendications salariales, aujourd'hui prioritaires.

De ce point de vue, le meeting de Rezé a fait entendre la voix attendue de l'indépendance syndicale : FO ne sera pas des processions du 7 octobre.
Mais FO met les autres organisations devant leurs responsabilités : Oui ou non, l'heure n'est-elle pas à une riposte à la hauteur des enjeux ? Avec action commune sur des revendications communes précises... Dont seule la grève peut arracher satisfaction...


Extraits de l'intervention de Jean-Claude MAILLY
Les dossiers explosifs ne manquent pas en cette rentrée. Mais la principale question, c'est plus que jamais le pouvoir d'achat des salaires et des retraites. Il y a, je l'ai dit à plusieurs reprises ces derniers temps, un ras-le-bol des salariés. (http://fo44.free.fr/modules.php?name=News&file=article&sid=368)

L'horizon paraît bouché, avec une distorsion entre les prix qui ne cessent de grimper et les salaires qui ne suivent pas.
Du coup, la consommation, moteur essentiel de la croissance, est touchée.
De son coté, le gouvernement montre le mauvais exemple dans la fonction publique : 0,5% d'augmentation pour solde de tout compte en 2008, pour une inflation de 2,3%.

C'est pourquoi, à FO, nous exigeons la réouverture d'une négociation salariale pour 2008.


Certes, ce n'est pas le gouvernement qui fixe les salaires dans le privé. Mais il dispose pourtant, s'il le veut, de leviers pour agir :
  • C'est lui qui fixe le SMIC. Or en dehors de la revalorisation annuelle obligatoire de juillet, il s'est gardé de tout coup de pouce,
  • Les aides sociales aux entreprises ne cessent de croître. Ce que FO demande, c'est que ces aides soient conditionnées à l'existence d'accords salariaux,
  • FO demande aussi une clause de rendez-vous automatique, pour qu'à chaque fois qu'augmente le SMIC, les salaires soient réajustés en conséquence.
La Priorité : Les salaires
*** ***
Même si cela n'a pas vocation à constituer un élément du salaire, il y a de plus la prime de transport, qui, si elle était instituée, redonnerait un complément de pouvoir d'achat aux salariés.
De cette revendication, avancée par FO depuis 2005, Mme Parisot, Mme Niet, refuse de discuter. La CGPME a par contre accepté la discussion.
A noter, on vous laisse le soin d'en rechercher l'explication et d'en tirer les conclusions, que dès lors que le Medef boude cette négociation, la CGT et la CFDT la boudent aussi...

Il appartiendra en tout cas au gouvernement de trancher sur le sujet. Nous ne voulons pas que cette prime soit facultative, mais obligatoire, sur la base, comme en Ile-de-France de la moitié du coût du transport.

Un dernier point sur l'enjeu des revendications salariales : ce n'est pas qu'affaire de pouvoir d'achat et de relance de la consommation, c'est aussi affaire de salaire différé, et donc de protection sociale.



Les valeurs républicaines

Notre second pilier revendicatif, c'est la défense des valeurs républicaines.
De la laïcité institutionnelle, bien sûr. Et tous connaissez ici les positions de la CGT-Force Ouvrière en la matière.
Mais les valeurs républicaines, aujourd'hui battues en brèche par la logique de l'Union Européenne, c'est aussi : le service public égalitaire, les acquis du paritarisme, le principe de faveur et la liberté de négocier et contracter.

- La défense du service public et de l'égalité d'accès devient une bataille majeure.
L'égalité d'accès aux services publics est vite condamnée dès lors que l'entreprise privée ou privatisée devient l'opérateur. D'autant que si le pouvoir politique prend garde, au départ, de limiter "l'ouverture du capital", "l'ouverture" a tôt fait de s'accélérer ensuite.
On va ouvrir demain le capital de la Poste. Juste un peu.
Juste un peu. Mais on a devant nous les précédents de France Télécom et de Gaz de France (dont les tarifs ne cessent désormais d'augmenter). Et regardez l'Allemagne : 2/3 des bureaux de poste y ont été supprimés en quelques années du fait de la privatisation.
Regardez aussi l'état de nos hôpitaux asphyxiés financièrement, avec un personnel insuffisant et soumis à des rythmes de travail infernaux. Là aussi, c'est le service public qui se délite.
La conséquence, ou plutôt la raison d'être de la RGPP (révision générale des politiques publiques - ou l'art du "pic-sous" en catimini), c'est la diminution de l'offre de service public. En matière de santé avec les nouvelles ARS. C'est la privatisation/externalisation (à l'Equipement). C'est aussi la désertification territoriale (fermeture des sous-préfectures). Il nous faut démonter cette attaque sournoise contre la République.

- Les valeurs républicaines, c'est aussi l'acquis historique du paritarisme : Sécurité sociale, assurance-chômage, retraite complémentaire, formation professionnelle, 1% logement.
Ce sont ces institutions paritaires qui assurent l'égalité de droit entre tous les salariés : vos droits sont les mêmes, que vous soyez employés d'une entreprise artisanale ou d'une multinationale. On doit à la CGT-Force Ouvrière la mise en place de ces organismes paritaires sur la base du salaire différé. Voilà pourquoi c'est sur FO que les travailleurs peuvent compter pour la défense de ces conquêtes sociales créatrices d'égalité des droits entre les travailleurs.

- Relèvent de même des valeurs républicaines une autre conquête, dans laquelle Force Ouvrière, héritière de la vieille CGT, a joué un rôle primordial: la liberté de négocier et de conclure des accords, elle--même inséparable du principe de faveur.
C'est ça qui permet aux salariés des entreprises dépourvues de toute implantation syndicale (et le cas est légion dans les TPE et PME) d'être couverts par les clauses d'une convention collective.
*** ***
En signant avec Mme Parisot leur fameuse "Position commune", depuis transposée par le Législateur, CGT et CFDT détricotent le principe de faveur. L'article 17 de ladite "Position commune" autorise en effet les "accords d'entreprise permettant de dépasser le contingent d'heures conventionnels". (http://fo44.free.fr/modules.php?name=News&file=article&sid=350)

C'est l'inversion de la hiérarchie des normes, chère au patronat qui est en route !

Unité d'action. Oui... Sur des revendications claires
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J'ai dit que qui caractérise la situation actuelle, c'est le ras-le-bol des salariés. Mais pour passer à l'action, il faut un déclencheur.
Voilà pourquoi, bien avant les vacances, nous avions proposé aux autres organisations, non pas une énième journée d'action, mais une journée de grève interprofessionnelle, avec des revendications bien identifiées.
Proposition rejetée par la CGT et la CFDT au profit d'une journée de manifestation le 17 juin, suite à l'accord signé par ces deux organisations sur la représentativité et le temps de travail. C'est à l'issue de cette manifestation que Bernard Thibault annonça une nouvelle journée nationale d'action pour le 7 octobre.
Cette date du 7 octobre avait en fait été convenue, dans le cadre de la Confédération Syndicale Internationale, pour une journée mondiale pour le "travail décent". Une terminologie qui n'est peut-être pas excellente. Nous parlons nous habituellement à FO plutôt de "vrai travail" pour un "vrai salaire".
FO, tout en maintenant sa participation dans le cadre originel à la journée mondiale du 7 octobre, a décliné la proposition CGT de journée "nationale" de manifestation se greffant sur l'initiative de la CSI. Cela pour deux raisons :
  • d'une part pour éviter le mélange des genres,
  • d'autre part, parce que telle qu'elle est initiée par la CGT et la CFDT, la journée du 7 octobre "transformée" apparaît comme une journée de rentrée sociale pour solde de tout compte.
Pour FO, en l'état actuel des choses, une manifestation de plus n'est pas l'objectif souhaitable. Ce que nous proposons de discuter, c'est, à une autre date que le 7 octobre, d'une journée de grève interprofessionnelle ayant pour objectif de "bloquer le pays", avec pour revendication centrale le pouvoir d'achat des salaires.
L'expérience est là qui le démontre : pour aboutir, une action commune suppose la réunion de 3 conditions :
  1. partager une ou des revendications précises,
  2. être d'accord sur les modalités d'action,
  3. se mettre d'accord sur une date.

Pourquoi la journée d'action sur les retraites du 22 mai n'avait-elle pas marché ? Parce que les confédérations appelaient à manifester tout en reconnaissant que qu'elles n'étaient pas toutes d'accord entre elles sur l'objectif.
Se rassembler sur du flou histoire d'être "ensemble", c'est agiter un leurre pour faire semblant de bouger...".


Extraits de l'intervention de Patrick HÉBERT
Je ne suis pessimiste ni pour l'avenir de notre confédération, ni pour l'avenir de la classe ouvrière. Et pourtant qu'est-ce qu'on "dérouille" avec l'avalanche ininterrompue des contre-réformes impulsées par l'Union Européenne, et qui, il faut le dire, trouvent des relais subsidiaires pour les accompagner !

En réalité, ce gouvernement comme les autres en Europe —quelles que soient leurs couleurs politiques— sait parfaitement (le patronat aussi) que la situation est, ou je dirais plutôt reste, explosive.
En 1995, il avait fallu la trahison de la CFDT pour faire passer le Plan Juppé.
En 2003, servant de béquille à une CFDT amochée, ce fut au tour de la CGT de monter au créneau. Elle épuisa les travailleurs dans ses journées d'actions à répétition, et permit ainsi de faire passer la contre-réforme des retraites Fillon-Chérèque.
Désormais donc, le gouvernement et le patronat ont brûlé leurs cartouches CFDT et CGT, ne pouvant plus ainsi faire fonction de canalisateurs efficaces.

En face, les travailleurs comme la jeunesse restent déterminés à résister. Ils ne demandent même qu'à passer à l'offensive, pour peu qu'une perspective leur soit offerte.
Cela vient de se traduire par le rejet massif par le peuple irlandais —que l'on n'a pu éviter de consulter par référendum— du Traité de Lisbonne.
En France, connaissant d'avance le résultat, on s'est bien gardé d'organiser un référendum pour Lisbonne, car le NON aurait été à l'évidence encore plus puissant qu'en 2005 pour feu le "Traité constitutionnel."
Car rappelez-vous : en 2005, plus de 60% des jeunes, et 84% des ouvriers et des employés avaient voté NON.

Ceux qui nous gouvernent et ceux qui les accompagnent savent donc pertinemment que la situation réelle n'est pas celle des apparences.
Et c'est pour cela qu'ils inventent des dispositifs liberticides pour verrouiller la situation, afin d'empêcher la libre expression des revendications, et dans le but —presque avoué— de rayer de la carte le syndicalisme indépendant, celui de notre vieille CGT que continue la CGT-Force Ouvrière.
D'où le consensus Parisot-Thibault-Chérèque-Sarkozy Fillon et autres pour bouleverser les règles de représentativité syndicale. Avec FO pour cible première.


En finir avec les processions
Ceux qui sont dans cette salle savent que l'on n'en a pas terminé avec le train des contre-réformes.
Voilà pourquoi —le coup est déjà parti— on va voir, dans les semaines à venir, se multiplier les journées d'action et les "manifs" qui ne débouchent sur rien,... sinon l'usure des manifestants.
Tout cela évidemment pour, qu'au bout du compte, les diversions orchestrées permettent au gouvernement la réalisation de ses contre-réformes.
La Confédération a donc bien fait de ne pas s'embarquer dans le 7 octobre de Thibault. Il faut en finir avec les processions.
Le rapport de forces se situe au niveau de la production. Donc le rapport de forces, c'est par la grève qu'il s'exprime.
Et c'est d'ailleurs pourquoi notre CE confédérale du 1er juin dernier avait déjà proposé la grève interprofessionnelle aux autres organisations syndicales, et qu'elle continue aujourd'hui d'opposer la grève interprofessionnelle aux manifs du 7 octobre.

Nos idées sont majoritaires
Ce matin, l'Union Départementale CGT de Loire-Atlantique nous avait conviés à une réunion intersyndicale de préparation du 7 octobre.
La délégation FO n'a pas manqué de mettre les points sur les "i". A l'évidence, ceux à qui nous nous adressions étaient gênés, sachant bien au fond d'eux-mêmes que le 7 octobre n'a vocation qu'à conduire les travailleurs dans l'impasse. Ils n'ignoraient pas que, dans les rangs CGT en particulier, le fossé se creuse, que notre discours trouve un écho, car les militants en ont marre d'user les godasses pour amuser la galerie.
Battons nous donc pour la grève interprofessionnelle ! Car c'est justement la perspective qu'attendent, en dehors même de nos rangs, nombre de militants, voire de responsables syndicaux.
En novembre-décembre 1995, nous avions été les déclencheurs du mouvement. Parce que nos idées, nos revendications, notre détermination à résister aux contre-réformes étaient majoritaires parmi les salariés et la jeunesse.
Les NON français, hollandais et irlandais à l'ordre corporatiste européen montrent, qu'au-delà même de la France, la politique que nous subissons sous la férule de Bruxelles provoque un rejet croissant. Et tôt ou tard, j'en suis convaincu, cette réalité profonde refera surface.



Note: FO44




Posté le 18 septembre 2008 à 00:41:46 CEST par reno  -  18 septembre 2008 à 00:41:46 CEST   - 
 

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