900 militants FO rassemblés à Rezé (et moi, et moi, et moi)
Le succès a été au rendez-vous. Jean-Claude Mailly
a rempli la Trocardière : nous étions plus de 900 !
Parvenir à mobiliser pas loin d'un
millier de militant(e)s en une petite dizaine de jours après les
vacances d'été prouve en tous cas que FO se porte bien
dans le département, et que dans les syndicats et sections
syndicales, l'heure est à la mobilisation.
Ce qu'en tout cas
traduit cette mobilisation, c'est que responsables et militant(e)s de
notre organisation ont bien perçu l'enjeu à venir :
D'un
côté le tandem Thibault-Chérèque, qui
organise la dislocation du mécontentement général
dans des manifs sans lendemain,
De l'autre FO, qui,
en donnant la perspective de la grève interprofessionnelle,
ouvre la voie à la résistance et aux revendications
salariales, aujourd'hui prioritaires.
De ce point de vue, le
meeting de Rezé a fait entendre la voix attendue de
l'indépendance syndicale : FO ne sera pas des processions du 7
octobre.
Mais FO met les autres organisations devant
leurs responsabilités : Oui ou non, l'heure n'est-elle pas
à une riposte à la hauteur des enjeux ? Avec action
commune sur des revendications communes précises... Dont seule
la grève peut arracher satisfaction...
Extraits de l'intervention de
Jean-Claude MAILLY
Les dossiers explosifs ne manquent pas en cette
rentrée. Mais la principale question, c'est plus que jamais le
pouvoir d'achat des salaires et des retraites. Il
y a, je l'ai dit à plusieurs reprises ces derniers temps, un
ras-le-bol des salariés. (http://fo44.free.fr/modules.php?name=News&file=article&sid=368)
L'horizon paraît bouché, avec une
distorsion entre les prix qui ne cessent de grimper et les salaires qui
ne suivent pas.
Du coup, la
consommation, moteur essentiel de la croissance, est
touchée.
De son coté, le gouvernement montre le mauvais
exemple dans la fonction publique : 0,5% d'augmentation pour solde de
tout compte en 2008, pour une inflation de 2,3%.
C'est pourquoi, à FO,
nous exigeons la réouverture d'une
négociation salariale pour 2008.
Certes, ce n'est pas le gouvernement qui fixe les
salaires dans le privé. Mais il dispose pourtant, s'il le veut,
de leviers pour agir :
C'est lui qui fixe le SMIC. Or en dehors de la
revalorisation annuelle obligatoire de juillet, il s'est gardé
de tout coup de pouce,
Les aides sociales aux entreprises ne cessent de
croître. Ce que FO demande, c'est que ces aides soient
conditionnées à l'existence d'accords salariaux,
FO demande aussi une clause de rendez-vous
automatique, pour qu'à chaque fois qu'augmente le SMIC, les
salaires soient réajustés en conséquence.
La Priorité : Les salaires
******
Même si cela n'a pas vocation à constituer
un élément du salaire, il y a de plus la prime de
transport, qui, si elle était instituée, redonnerait un
complément de pouvoir d'achat aux salariés.
De cette revendication, avancée par FO depuis
2005, Mme Parisot, Mme Niet, refuse de discuter. La CGPME a par contre
accepté la discussion.
A noter, on vous laisse le
soin d'en rechercher l'explication et d'en tirer les conclusions, que
dès lors que le Medef boude cette négociation, la CGT et
la CFDT la boudent aussi...
Il appartiendra en tout cas au gouvernement de trancher
sur le sujet. Nous ne voulons pas que cette prime soit facultative,
mais obligatoire, sur la base, comme en Ile-de-France de la
moitié du coût du transport.
Un dernier point sur l'enjeu
des revendications salariales : ce n'est pas qu'affaire de pouvoir
d'achat et de relance de la consommation, c'est aussi affaire de
salaire différé, et donc de protection sociale.
Les valeurs
républicaines
Notre second pilier revendicatif, c'est la défense des valeurs
républicaines.
De la laïcité institutionnelle, bien sûr. Et tous
connaissez ici les positions de la CGT-Force Ouvrière en la
matière.
Mais les valeurs républicaines, aujourd'hui battues en
brèche par la logique de l'Union Européenne, c'est aussi
: le service public égalitaire, les acquis du paritarisme, le
principe de faveur et la liberté de négocier et
contracter.
- La défense du
service public
et de l'égalité d'accès devient une bataille
majeure.
L'égalité d'accès aux services publics est vite
condamnée dès lors que l'entreprise privée ou
privatisée devient l'opérateur. D'autant que si le
pouvoir politique prend garde, au départ, de limiter
"l'ouverture du capital", "l'ouverture" a tôt fait de
s'accélérer ensuite.
On va ouvrir demain le capital de la Poste. Juste un peu.
Juste un peu. Mais on a devant nous les précédents de
France Télécom et de Gaz de France (dont les tarifs ne
cessent désormais d'augmenter). Et regardez l'Allemagne : 2/3
des bureaux de poste y ont été supprimés en
quelques années du fait de la privatisation.
Regardez aussi l'état de nos hôpitaux asphyxiés
financièrement, avec un personnel insuffisant et soumis à
des rythmes de travail infernaux. Là aussi, c'est le service
public qui se délite.
La conséquence, ou plutôt la raison d'être de la
RGPP (révision générale des politiques publiques -
ou l'art du "pic-sous" en catimini), c'est la diminution de l'offre de
service public. En matière de santé avec les nouvelles
ARS. C'est la privatisation/externalisation (à l'Equipement).
C'est aussi la désertification territoriale (fermeture des
sous-préfectures). Il nous faut démonter cette attaque
sournoise contre la République.
- Les valeurs républicaines,
c'est aussi l'acquis historique du paritarisme :
Sécurité sociale, assurance-chômage, retraite
complémentaire, formation professionnelle, 1% logement.
Ce sont ces institutions paritaires qui assurent
l'égalité de droit entre tous les salariés : vos
droits sont les mêmes, que vous soyez employés d'une
entreprise artisanale ou d'une multinationale. On doit à la
CGT-Force Ouvrière la mise en place de ces organismes paritaires
sur la base du salaire différé. Voilà pourquoi
c'est sur FO que les travailleurs peuvent compter pour la
défense de ces conquêtes sociales créatrices
d'égalité des droits entre les travailleurs.
- Relèvent de même des
valeurs républicaines une autre conquête, dans laquelle
Force Ouvrière, héritière de la vieille CGT, a
joué un rôle primordial: la liberté de
négocier et de conclure des accords, elle--même
inséparable du principe de faveur.
C'est ça qui permet aux salariés des entreprises
dépourvues de toute implantation syndicale (et le cas est
légion dans les TPE et PME) d'être couverts par les
clauses d'une convention collective.
******
En signant avec Mme Parisot leur fameuse "Position
commune", depuis transposée par le Législateur, CGT et
CFDT détricotent le principe de faveur. L'article 17 de ladite
"Position commune" autorise en effet les "accords d'entreprise
permettant de dépasser le contingent d'heures conventionnels". (http://fo44.free.fr/modules.php?name=News&file=article&sid=350)
C'est l'inversion de la hiérarchie des normes, chère au
patronat qui est en route !
Unité
d'action. Oui... Sur des revendications claires ******
J'ai dit que qui caractérise la situation actuelle,
c'est le ras-le-bol des salariés. Mais pour passer à
l'action, il faut un déclencheur.
Voilà pourquoi, bien avant les vacances, nous avions
proposé aux autres organisations, non pas une
énième journée d'action, mais une journée
de grève interprofessionnelle, avec des revendications bien
identifiées.
Proposition rejetée par la CGT et la CFDT au profit d'une
journée de manifestation le 17 juin, suite à l'accord
signé par ces deux organisations sur la
représentativité et le temps de travail. C'est à
l'issue de cette manifestation que Bernard Thibault annonça une
nouvelle journée nationale d'action pour le 7 octobre.
Cette date du 7 octobre avait en fait été convenue, dans
le cadre de la Confédération Syndicale Internationale,
pour une journée mondiale pour le "travail décent". Une
terminologie qui n'est peut-être pas excellente. Nous parlons
nous habituellement à FO plutôt de "vrai travail" pour un
"vrai salaire".
FO, tout en maintenant sa participation dans le cadre originel à
la journée mondiale du 7 octobre, a décliné la
proposition CGT de journée "nationale" de manifestation se
greffant sur l'initiative de la CSI. Cela pour deux raisons :
d'une part pour éviter le mélange
des genres,
d'autre part, parce que telle qu'elle est
initiée par la CGT
et la CFDT, la journée du 7 octobre "transformée"
apparaît comme une journée de rentrée sociale pour
solde de tout compte.
Pour FO, en l'état actuel des choses, une
manifestation de plus
n'est pas l'objectif souhaitable. Ce que nous proposons de discuter,
c'est, à une autre date que le 7 octobre, d'une journée
de grève interprofessionnelle ayant pour objectif de "bloquer le
pays", avec pour revendication centrale le pouvoir d'achat des salaires.
L'expérience est là qui le démontre : pour
aboutir, une action commune suppose la réunion de 3
conditions :
partager une ou des revendications
précises,
être d'accord sur les modalités
d'action,
se mettre d'accord sur une date.
Pourquoi la journée d'action sur les retraites du 22 mai
n'avait-elle pas marché ? Parce que les
confédérations appelaient à manifester tout en
reconnaissant que qu'elles n'étaient pas toutes d'accord entre
elles sur l'objectif.
Se rassembler sur du flou histoire d'être "ensemble", c'est
agiter un leurre pour faire semblant de bouger...".
Extraits
de l'intervention de Patrick HÉBERT
Je ne
suis pessimiste ni pour l'avenir de notre confédération,
ni pour l'avenir de la classe ouvrière. Et pourtant qu'est-ce
qu'on "dérouille" avec l'avalanche ininterrompue des
contre-réformes impulsées par l'Union Européenne,
et qui, il faut le dire, trouvent des relais subsidiaires pour les
accompagner !
En
réalité, ce gouvernement comme les autres en Europe
—quelles que soient leurs couleurs politiques— sait parfaitement (le
patronat aussi) que la situation est, ou je dirais plutôt reste,
explosive.
En 1995, il avait fallu la trahison de la CFDT pour
faire passer le Plan Juppé.
En 2003, servant de béquille à une CFDT
amochée, ce fut au tour de la CGT de monter au créneau.
Elle épuisa les travailleurs dans ses journées d'actions
à répétition, et permit ainsi de faire passer la
contre-réforme des retraites Fillon-Chérèque.
Désormais donc, le gouvernement et le patronat
ont brûlé leurs cartouches CFDT et CGT, ne pouvant plus
ainsi faire fonction de canalisateurs efficaces.
En face, les travailleurs comme la jeunesse restent
déterminés à résister. Ils ne demandent
même qu'à passer à l'offensive, pour peu qu'une
perspective leur soit offerte.
Cela vient de se traduire par le rejet massif par le
peuple irlandais —que l'on n'a pu éviter de consulter par
référendum— du Traité de Lisbonne.
En France, connaissant d'avance le résultat, on
s'est bien gardé d'organiser un référendum pour
Lisbonne, car le NON aurait été à
l'évidence encore plus puissant qu'en 2005 pour feu le
"Traité constitutionnel."
Car rappelez-vous : en 2005, plus de 60% des jeunes, et
84% des ouvriers et des employés avaient voté NON.
Ceux qui nous gouvernent et ceux qui les accompagnent
savent donc pertinemment que la situation réelle n'est pas celle
des apparences.
Et c'est pour cela qu'ils inventent des dispositifs
liberticides pour verrouiller la situation, afin d'empêcher la
libre expression des revendications, et dans le but —presque
avoué— de rayer de la carte le syndicalisme indépendant,
celui de notre vieille CGT que continue la CGT-Force Ouvrière.
D'où le consensus
Parisot-Thibault-Chérèque-Sarkozy Fillon et autres pour
bouleverser les règles de représentativité
syndicale. Avec FO pour cible première.
En finir avec
les processions
Ceux qui sont dans
cette salle savent que l'on n'en a pas terminé avec le train des
contre-réformes.
Voilà pourquoi —le coup est déjà parti— on va
voir, dans les semaines à venir, se multiplier les
journées d'action et les "manifs" qui ne débouchent sur
rien,... sinon l'usure des manifestants.
Tout cela évidemment pour, qu'au bout du compte, les diversions
orchestrées permettent au gouvernement la réalisation de
ses contre-réformes.
La Confédération a donc bien fait de ne pas s'embarquer
dans le 7 octobre de Thibault. Il faut en finir avec les processions.
Le rapport de forces se situe au niveau de la production. Donc le
rapport de forces, c'est par la grève qu'il s'exprime.
Et c'est d'ailleurs pourquoi notre CE confédérale du 1er
juin dernier avait déjà proposé la grève
interprofessionnelle aux autres organisations syndicales, et qu'elle
continue aujourd'hui d'opposer la grève interprofessionnelle aux
manifs du 7 octobre.
Nos
idées sont majoritaires
Ce matin, l'Union Départementale CGT de Loire-Atlantique nous
avait conviés à une réunion intersyndicale de
préparation du 7 octobre.
La délégation FO n'a pas manqué de mettre les
points sur les "i". A l'évidence, ceux à qui nous nous
adressions étaient gênés, sachant bien au fond
d'eux-mêmes que le 7 octobre n'a vocation qu'à conduire
les travailleurs dans l'impasse. Ils n'ignoraient pas que, dans les
rangs CGT en particulier, le fossé se creuse, que notre discours
trouve un écho, car les militants en ont marre d'user les
godasses pour amuser la galerie.
Battons nous donc pour la grève interprofessionnelle ! Car c'est
justement la perspective qu'attendent, en dehors même de nos
rangs, nombre de militants, voire de responsables syndicaux.
En novembre-décembre 1995, nous avions été les
déclencheurs du mouvement. Parce que nos idées, nos
revendications, notre détermination à résister aux
contre-réformes étaient majoritaires parmi les
salariés et la jeunesse.
Les NON français, hollandais et irlandais à l'ordre
corporatiste européen montrent, qu'au-delà même de
la France, la politique que nous subissons sous la férule de
Bruxelles provoque un rejet croissant. Et tôt ou tard, j'en suis
convaincu, cette réalité profonde refera surface.
Note:FO44
Posté le 18 septembre 2008 à 00:41:46 CEST par reno -
18 septembre 2008 à 00:41:46 CEST -