C’est maintenant un fait acquis, 2010
sera l’année de la rigueur. Le Premier ministre l’a
annoncé discrètement, et Sarkozy lui-même l'a
confirméc à l'occasion de son show
télévisuel du 25 janvier.
Bien sûr, ce n’est qu’après les élections
régionales que le gouvernement rendra public ses
décisions. Pourtant, on peut sans risques parier que ce plan de
rigueur sera particulièrement sévère.
Il faut en effet satisfaire aux exigences de l’Union européenne.
Pour rentrer dans les clous de critères de convergences
économiques du Traité de Maastricht, le gouvernement doit
trouver selon Eric Woerth 100 milliards d’euros dont 50 seront obtenus
grâce au retour de la croissance.
Pendant que certains s’agitent pour décrocher un strapontin dans
une quelconque assemblée régionale, les ordinateurs du
Ministère tournent à plein régime : où donc
trouver tous ces milliards ?
Pas question bien sûr de taxer les banques ou les patrons car
cela ferait "fuir les capitaux". Au contraire, pour eux, on multiplie
les mesures fiscales et les exonérations (environ 30 milliards
en 2009). L’argument avancé pour justifier ces mesures est
totalement ridicule; il s’agit, nous dit-on de sauver les emplois en
protégeant les investisseurs.
En réalité, grâce à la libre circulation des
biens et des personnes, toutes ces "aides" sont utilisées pour
multiplier les investissements dans les pays à faible coût
de main d'oeuvre. L’exemple récent de Renault est
particulièrement révélateur. Les 3 milliards
d'euros d’aide versés en 2009 à l’industrie automobile
n'ont pas empêché le constructeur d'envisager de
délocaliser la production de la Clio en Turquie. Certes le
Président Sarkozy a été obligé de convoquer
le patron de Renault pour lui taper sur les doigts, mais cette
entreprise ayant été privatisée, il est probable
que ses projets seront mis en œuvre dès que la tempête
médiatique sera apaisée.
Le gouvernement ira donc chercher tous
ces milliards auprès de la grande masse des français, en
particulier des salariés. Ceux-là, ils sont
nombreux, ne peuvent pas exercer un quelconque chantage et ne peuvent
pas s’expatrier.