L'Edito
Extraits de l'intervention
de Patrick Hébert au meeting
FO nantais du 1er mai
" (...) Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée
dormante porte l'orage ! " avait déclaré, clairvoyant,
Jaurès en 1911, soit trois ans avant la boucherie de
1914-1918, ... providentielle pour les "marchands de canons".
Puis, de sa crise des années 30, le capitalisme ne devait
trouver d'issue que dans le fascisme et le fracas de la 2ème
guerre mondiale.
Aujourd'hui le capitalisme, responsable d'une nouvelle crise
économique et sociale d'une ampleur sans
précédent depuis celle de 1930, se retourne à
nouveau contre les peuples. Il leur impose, via la Troïka, une
avalanche de cures d'austérité, assorties, pour faire
passer les choses en force, de remises en cause croissantes de la
démocratie. Les institutions et gouvernements à ses
ordres se préparent même désormais à
monter à l'habituel cran supérieur quand la
"gouvernance" politico-économique montre ses limites : la
fuite en avant dans les "solutions" guerrières.
Dernier cas en date qui doit nous alerter : par crainte d'un
prochain soulèvement populaire en Algérie, Washington
vient d'obtenir du gouvernement espagnol le déploiement, sur
la base aéro-militaire de Moron, près de
Séville, d'une escadrille de l'US Airforce ainsi que de 550
"marines" prêts à intervenir en Afrique du Nord.
(...) Sur les ruines de la Seconde guerre mondiale, le capitalisme a
pu se remettre en selle, le rapport de forces social et politique de
1945 permettant toutefois au mouvement ouvrier d'arracher en
contrepartie l'augmentation du pouvoir d'achat, la protection
sociale, le statut de la fonction publique, etc. S'en suivirent les
"Trente Glorieuses", dont l'apogée se situe au tournant des
années 1970/80. Mais depuis le capitalisme est entré
dans la spirale d'une nouvelle crise, avec pour corollaire la
spirale jumelle de l'austérité. Ce fut en France,
après les "Trente Glorieuses", ce que j'ai appelé les
"Trente Deloreuses" débutées en 1982-83. Ce fut aussi
la mise en place de l'Europe de Maastricht devenue depuis celle des
diktats de la Troïka ; et ça demeure la fierté de
l'UD CGT-FO de Loire-Atlantique d'avoir appelé à voter
NON au référendum de 1992 sur le traité de
Maastricht.

Les militants Force Ouvrière présents au 1er mai
à Nantes
assistant au discours de Pascal Pavageau,
secrétaire confédéral
et de Patrick Hébert, secrétaire de
l'Union départementale de Loire Atlantique
(...) Aujourd'hui en Europe, et pas seulement celle du Sud, nous
avons atteint le seuil explosif où, selon une
célèbre formule, "en haut" (troïka,
gouvernements, etc.), "on ne peut plus (gérer les
contradictions), tandis qu'en bas on ne veut plus (subir)".
D'où l'impératif pour les gouvernements d'associer les
directions des organisations syndicales à leurs plans
d'austérité meurtriers. Mais les peuples
résistent et se battent, remettant au besoin certaines
pendules syndicales à l'heure. Ainsi en Espagne comme au
Portugal les "pactes" de la honte ont été
balayés par les grèves et les manifestations.
Mieux, parce que l'austérité de la Troïka est
liberticide, c'est maintenant drapeaux républicains
déployés que manifestent les espagnols, tandis que les
portugais défilent eux en chantant la "Grândola Vila
Morena", l'hymne de la Révolution des oeillets de 1974 qui
mit fin à près d'un demi-siècle de dictature.
(...) Pareillement en France, pour mettre en oeuvre les diktats de
la Troïka, le gouvernement n'a d'autre outil que l'association
à sa politique des organisations syndicales.
De là sa recherche d'un "compromis historique" sur l'ANI.
Mais il n'a obtenu l'aval que des supplétifs CFDT, CFTC, CGC
(et UNSA).
Ceci dit prenons garde : sous domination CFDT, le syndicalisme
d'accompagnement se mue et se structure quasi-officiellement en ce
1er mai à Reims (ville des rois de France, tout un symbole!)
en "axe de la réaction" destiné à monter au
créneau contre les revendications.
Symétriquement est apparu un "axe" de la résistance,
avec FO, la CGT, la FSU et Solidaires. Mais il demeure
fragilisé par l'obstination proclamée de Le Paon
("l'héritage" Thibault) à renouer avec la CFDT. Nous
savons par contre à l'opposé que la grande
majorité des militants CGT a désormais compris le
rôle et la nature réactionnaire de la CFDT.
C'est la raison d'être profonde du message de l'UD-FO que
porte aujourd'hui en notre nom notre camarade Yann Couroussé
au rassemblement nantais CGT-FSU-Solidaires, où FO a
été conviée à s'exprimer. (...) "
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Dernier Communiqué NON A L'ACCORD SCELERAT MEDEF / CFDT
En 2006, Laurence Parisot,
à peine élue à la tête du MEDEF
déclarait :
« La liberté
d'entreprendre s'arrête là où
commence le code du travail »
« La vie, la
santé, l'amour sont précaires,
pourquoi le travail
échapperait-il à cette loi ? »
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Dernier Edito
Démocratie
totalitaire
Dans tous les pays de l’Union européenne, la Troïka
prétend imposer sa loi. Elle le fait avec la
complicité active de tous les gouvernements qui, quelle que
soit leur couleur politique, multiplient les plans de rigueur.
Dernier pays touché, Chypre, où les mesures
annoncées ont provoqué des manifestations d’une telle
ampleur que le Parlement a dû voter contre le (premier)
plan concocté par la Troïka.
C'est pourquoi d'ailleurs un second plan vient d'être
décidé, qui lui n'a pas besoin d'être
présenté devant le Parlement... Sans doute n'est-il
pas "présentable".
Comme disait Bertolt Brecht : "Puisque le peuple vote
contre le gouvernement, il faut dissoudre le peuple."
S'il vivait encore, il pourrait ajouter : "Quand il n'est
pas assez docile, il faut aussi dissoudre le Parlement".
Et pour plagier Michel Audiard : "Comme les cons, les
dictateurs, ça ose tout, c'est même à
ça qu'on les reconnaît".
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